Un an après la polémique, les Oscars apparaissent moins monochromes

  • Source: : RFI | Le 26 février, 2017 à 22:02:28 | Lu 5451 fois | 1 Commentaires
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Remarquables dans «Moonlight», la Britannique Naomie Harris and l'Américain Mahershala Ali sont chacun nommé pour un Oscar

Absente des listes des nominations aux Oscars dans les catégories principales en 2015 et 2016 ce qui avait fait polémique, la minorité noire est cette année largement représentée avec 19 nominations au total. Même si le collège électoral est en train d’évoluer, cette reconnaissance est avant tout due à la qualité du travail fourni.

Il y aura bien une polémique aux relents de racisme cette année aux Oscars, mais elle ne concernera pas cette fois la minorité noire. Si l’an dernier la controverse tournait autour de l’absence d’Afro-Américains nommés dans les catégories majeures (cf. le mot-dièse #OscarsSoWhite), en 2017 ce sont plutôt les chaises laissées vides par le metteur en scène iranien Asghar Farhadi (en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Client) et par l’équipe du documentaire Les Casques Blancs (qui se déroule en Syrie) qui feront tache. Outrés par les mesures anti-immigration du nouveau gouvernement Trump qui touchent entre autres les ressortissants iraniens et syriens, les protagonistes cités ont délibérément choisi de boycotter les Oscars 2017.

Rapport de cause à effet ou simple coïncidence après la polémique de l’an dernier ? Toujours est-il qu’après deux ans lors desquels les Afro-Américains ont été absents des nominations dans les catégories principales, la cuvée 2017 fait la part belle à la communauté noire qui est en lice pour 19 statuettes dans les catégories majeures avec de bonnes chances d’en remporter quelques-unes. Trois films en particulier dominent les nominations : Moonlight qui retrace l’adolescence d’un homosexuel dans un quartier difficile de Miami, Fences, l’adaptation d’une pièce d’August Wilson dont l’action se déroule dans les années 1950 et Les Figures de l’Ombre qui rend hommage à des mathématiciennes noires de la NASA qui ont participé aux succès des premiers programmes spatiaux.

Moonlight et Barry Jenkins en force

Sept acteurs issus de minorités brigueront spécifiquement une récompense: Octavia Spencer (Les Figures de l’Ombre), Ruth Negga (Loving), Viola Davis (Fences) et la Britannique Naomie Harris (Moonlight) chez les femmes ; et trois chez les hommes : Mahershala Ali (Moonlight), l’Indo-britannique Dev Patel (Lion) et Denzel Washington (Fences). Habitué de la cérémonie, Denzel Washington compte déjà deux Oscars à son palmarès (meilleur second rôle en 1989, meilleur acteur en 2002) et il en est désormais à neuf nominations en 30 ans.

Mais les acteurs ne sont pas les seuls à être honorés cette année puisque Denzel Washington, encore lui, est également nommé dans la catégorie metteur en scène, de même qu’August Wilson l’auteur de la pièce dont son film Fences est tiré, dans la catégorie meilleur scénario adapté. « On n’est pas là à cause de #OscarsSoWhite, a estimé Denzel Washington dans un entretien accordé au Guardian de Londres. August Wilson a remporté deux prix Pulitzer en tant qu’auteur. Et quand on a joué la pièce à Broadway, on a eu plus de nominations que n’importe quelle pièce dans l’histoire du théâtre américain. Donc, on est là cette année, mais ce n’est pas parce que quelqu’un a tweeté quelque chose l’année dernière. En réalité, cela fait sept ans que nous travaillions sur ce projet ».

Révélation de l’année, Barry Jenkins est également nommé dans trois catégories (meilleur film, meilleur metteur en scène, meilleur scénario adapté) pour Moonlight. Les défenseurs du film craignent cependant que l’ouragan La La Land (14 nominations) lui fasse un peu de l’ombre, d’autant que l’un de ses thèmes centraux de la comédie musicale de Damien Chazelle est la condition d’artiste. A souligner aussi, la présence de deux films qui, eux, traitent frontalement la question du racisme aux Etats-Unis et qui sont nommés dans la catégorie meilleur documentaire: O.J. Made in America d’Ezra Edelman, inspiré par l’ascension et la déchéance d’O.J. Simpson et I’m Not your Negro de l’Haïtien Raoul Peck, directement tiré d’un livre que n’a jamais pu terminer l’écrivain James Baldwin, décédé en 1987.

Ces avancées, dont on ignore bien entendu si elles ne sont que ponctuelles, vont dans le sens de la politique d’ouverture adoptée par l’Académie des Oscars et sa présidente bénévole Cheryl Boone Isaacs (troisième femme et première Noire à occuper ce poste) qui s’emploie à rendre moins monolithique le collège électoral des Oscars. Dès juin de l’an dernier, 683 nouveaux membres originaires de 59 pays différents ont été admis (un record !) avec parmi eux 46% de femmes et 41% de « non blancs ». Et en janvier, il a été décidé, dans le but de rajeunir les cadres, que seules les personnes ayant travaillé dans le cinéma lors des dix dernières années auraient le droit de vote, à l’exception des professionnels crédités durant au moins trois décennies et de ceux ayant été nommés au moins une fois pour un Oscar, ce qui paraît légitime.

L’éventail s’élargit

Si l’on dézoome un moment des Oscars et que l’on élargit la focale sur l’ensemble de l’industrie cinématographique, on relève également une volonté de ne pas esquiver les « sujets difficiles », a fortiori dans le contexte politique ambiant où les brutalités policières restent un problème majeur et où le racisme s’exprime plus ouvertement. Moonlight traite de l'homosexualité chez les hommes noirs, Loving de la lutte pour mariages interraciaux, Fences d'un joueur de base-ball des Negro Leagues au rêve déchu

Tout aussi encourageant, ce constat dressé par le directeur du festival Sundance John Cooper dans les colonnes du Monde daté de dimanche dernier : « Il y a vingt ans, les écoles de cinéma ne comptaient que des jeunes hommes blancs. Aujourd’hui, la moitié des étudiants sont des femmes et les minorités ethniques sont très largement représentées. Leurs films reflètent largement la réalité dont ils sont issus ». Reste que le combat pour plus d’égalité à tous les niveaux est loin d’être terminé. Il n’a échappé à personne que les autres minorités (asiatiques, hispaniques) sont absentes de la liste des nommés. Quant à April Reign la créatrice du mot-dièse #OscarsSoWhite, si elle apprécie les efforts faits par l’Académie, elle relève que le collège électoral des Oscars reste pour l‘heure à 89% blanc et à 73% masculin.


Auteur: Christophe Carmarans - RFI






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Commentaire (1)


Anonyme En Février, 2017 (10:03 AM) 0 FansN°: 1
Faisons nos propres industries, occupons nous de notre Economie.

Arrêtons de croire que nous faisons 1 avec les Occidentaux.



Les chinois-Américains et les Indiens-Américains n'ont que faire de Hollywood,

ils ont leur cinéma. Les Noirs des US , du Brésil et de la Caraïbe doivent s'appuyer sur l'Afrique pour faire vivre leur économie.



Bientôt il y aura plus d'un milliard d'Africains sur le Continent,

Les Noirs des US, du Brésil et de la Caraïbe seraient fous d'ignorer un tel marché.



Est-ce que des gens comme Jay-z, Spike lee, You n'ont pas les moyens d'investir dans l'industrie musicale et cinématographique en Afrique de l'Ouest ?



Est-ce que des gens comme Jordan, Magic ou Diaw ne peuvent pas faire naître une NBA en Afrique de l'Ouest ?



il faut qu'on arrête de pleurer !



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