Érosion côtière Saint-Louis : La digue de la controverse

  • Source: : EnquetePlus | Le 26 avril, 2018 à 02:04:42 | Lu 4227 fois | 24 Commentaires
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Érosion côtière Saint-Louis : La digue de la controverse

Pour protéger les quartiers de la Langue de Barbarie menacés par l’avancée de la mer, l’Etat a initié un projet de construction d’une digue de 3,5 km pour  un coût de 3 milliards de nos francs. Un projet accueilli à bras ouverts par les populations. Mais cinq mois après le début des travaux, la digue s’est effondrée, soulevant un tollé général.  

Créée pour freiner l’avancée de la mer sur les habitations de la ville de Saint-Louis, la digue de protection des quartiers de la Langue de Barbarie n’a duré que le temps d’une houle. En effet, moins de 5 mois après le démarrage des travaux de construction, elle a commencé à s’affaisser. Elle n’a pu résister aux fortes houles qui ont frappé les côtes entre les mois de février et de mars 2018. Prévu sur une distance de 3,5 km pour 1,96 m de haut, l’ouvrage n’avait été réalisé que sur 950 m, lorsque la houle a frappé la côte avec des vagues d’une hauteur de 3 à 4 m. La  digue a alors commencé à s’affaisser. Et ce qui était censé être la solution contre l’avancée de la mer s’est trouvé être un problème de plus.

Des décalages et des ondulations sur l’ouvrage sont visibles à hauteur du quartier de Goxu Mbacc. Les pierres sont détachées de la grille de fer qui constitue le corps de la digue. Une partie de cette dernière est envahie par les eaux. Sur presque toute la surface construite, les populations déposent leurs ordures. Les chèvres divaguent entre les nombreuses ordures qui envahissent les lieux à la recherche de quoi manger. Ce qui a suscité une grande polémique à Saint-Louis.

L’opposition, jugeant colossale la somme déboursée pour la construction (3,5 milliards de francs Cfa), a décidé de porter plainte contre l’entreprise Eiffage Sénégal chargée de l’exécution des travaux. Dans la ville aussi, des voix se sont élevées pour exiger le renforcement des fondements de la digue et l’accélération des travaux pour sauver ce qui peut l’être. A en croire certains notables de la Langue de Barbarie, les techniciens de l’entreprise Eiffage doivent revoir leur façon de procéder, car les vagues déferlent avec beaucoup de violence. ‘‘Avant la construction de la digue, les populations utilisaient des sacs de sable pour arrêter l’avancée de la mer. Mais cela ne tenait pas longtemps, car il n’y a pas de fondation. C’est presque la même chose avec la digue. Ils doivent donc revoir le soubassement, sinon elle ne serait qu’une éphémère solution, car la violence des houles laisse forcément des dégâts en provoquant un enfouissement et la perte d’équilibre du premier palier de l’ouvrage’’, raconte Alassane Sarr, pêcheur habitant Goxu Mbacc. Son voisin, Zaïr Fall, confirme ses propos : ‘‘Nous avions accueilli la digue à bras ouverts, car nous vivions le calvaire avec l’avancée de la mer qui menaçait systématiquement nos habitations. On croyait que c’était une solution durable. Mais il a juste fallu le passage des premières houles pour voir tous nos espoirs s’effondrer. On est très déçu‘’, raconte-t-il, le regard fixé vers la mer.

 Un point de vue aussi partagé par le blogueur saint-louisien Makhtar Ndiaye, connu pour ses publications quotidiennes sur l’actualité de la capitale du Nord. Le jeune passionné des réseaux sociaux dénonce avec fermeté : ‘‘La digue a été mal faite. On nous dit que c’est une solution urgente. Comment peut-on comprendre qu’un budget de 3 milliards de francs soit dégagé pour une solution urgente et qui n’arrive même pas à résister à une houle ? C’est inadmissible. L’Etat du Sénégal et Eiffage doivent s’expliquer.’’

 Le jeune blogueur soulève un autre problème. Le port de Diago, un projet de la Mauritanie sur ses côtes frontalières avec la ville de Saint-Louis. Selon lui, ce port sera une catastrophe économique et aura des conséquences sur l’avancée de la mer à Saint-Louis. Or, le gouvernement sénégalais ne prend pas la question au sérieux. Il ne manque cependant pas de souligner que la digue a au moins soulagé la population pendant un certain temps. Mais c’est très insuffisant par rapport à l’effet recherché. Le but recherché, c’est aussi l’excuse des ingénieurs et contrôleurs des travaux de la digue.

Pour Ousmane Thiam, ingénieur géotechnicien chargé du contrôle de la qualité au Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq), ‘‘avoir des houles qui dépassent les normes à cette phase d’exécution des travaux est une chance, parce que cela permet de rectifier et c’est ce qui explique l’arrêt pour réfléchir et renforcer l’ouvrage et lutter à l’avenir contre les houles de ce genre‘’.

Une explication que les populations trouvent impertinente, voire absurde, d’autant plus que la digue est juste une solution d’urgence et ne présente aucune garantie. ‘’Un projet d’urgence pour la protection des quartiers de la Langue de Barbarie, c’est ce qui est écrit dans le papier. Ça veut dire qu’il faut venir urgemment faire quelque chose. La digue, c’est juste pour limiter la casse. La réglementation de la construction marine ne permet pas de donner des garanties sur  des ouvrages de ce genre’’, informe l’ingénieur géotechnicien.

Projet de modification

Apres les violentes houles saisonnières survenues au moins de février qui ont heurté la digue occasionnant son affaissement, l’entreprise d’exécution des travaux, Eiffage, a observé un temps d’arrêt de dix jours pour revoir le projet. Dans les études de prévision basées sur des données antérieures, l’entreprise s’attendait à des houles de 2 à 3 m. Mais, aux mois de février-mars, la Langue de Barbarie a ainsi enregistré des houles et des vagues de 3 à 4 m dues au changement climatique. Ce qui dépasse largement les 2 m de prévision. D’où les dégâts notés. Et ces 10 jours d’arrêt ont été consacrés à une réflexion pour des modifications du projet de construction. ‘‘Pour le projet initial, on avait prévu juste une digue d’enrochement avec des gabions soutenus par des géo-bag, c’est-à-dire des sacs polypropylènes qui pèsent à peu près 5 tonnes, et sur la partie frontale, c’est-à-dire en face de la mer. Avec les affaissements occasionnés par les houles, on a jugé nécessaire de modifier le projet d’exécution, avec le renforcement de la structure de l’ouvrage en fondation avec du matelas Renault. Sur l’intervalle de pose des épis, initialement, on avait des épis à des intervalles de 50 m. Et avec cette période de houles de plus 3 m, on les rapproche à des intervalles de 25 m. C’est la première modification. La deuxième consiste à renforcer la fondation avec du matelas Renault, parce que l’ouvrage est fragilisé par un phénomène d’enfouissement. Et la troisième concerne le changement de l’axe d’implantation du projet. Au lieu de le faire à une distance variant de 5 à 10 m, on a prévu de rapprocher’’, détaille Aly Tounkara, ingénieur chef de projet à l’Office des lacs et cours d’eau (Olac), maître d’ouvrage du projet. Pour l’ingénieur, la digue tenait et jusqu’à présent il n’y a pas de dégâts majeurs. Ces modifications permettront de mieux adopter l’ouvrage aux exigences de la nature.

 Pour la mission de contrôle, tout est dans les normes. Cet affaissement de la digue a plutôt de bons côtés. ‘‘Du point de vue général, le bureau de contrôle est très satisfait de l’exécution des travaux. Sur les 3,5 km, l’entreprise a réalisé 950 m. Et sur ces 950 m, il y a des parties qui ne sont pas achevées. L’ouvrage n’a donc pas atteint son niveau maximal et sa configuration définitive. C’est normal que sur certaines parties, il connaisse des affaissements parce que le travail n’est pas encore fini’’, explique Ousmane Thiam, l’ingénieur géotechnicien contrôleur de la qualité au Cereq. Ce dernier veille au respect du cahier des charges, des plans d’exécution, des commandes de matériels et de la sur-configuration de l’ouvrage. Pour l’instant, les habitants de la Langue de Barbarie prennent leur mal en patience.

ABBA BA  (Stagiaire)


Auteur: Abba BA (stagiaire) - EnquetePlus






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Commentaire (17)


Anonyme En Avril, 2018 (03:50 AM) 0 FansN°: 1
La digue Macron
Anonyme En Avril, 2018 (07:49 AM) 0 FansN°: 2
Le travail sera fait ! Je fais confiance en notre gourvernement !
Anonyme En Avril, 2018 (07:50 AM) 0 FansN°: 3
Macky Sall a tenu toutes ses promesse, il fera de même avec celle là  :smile: 
Anonyme En Avril, 2018 (07:51 AM) 0 FansN°: 4
Les travaux ne sont pas fini c'est seulement pour ça qu'il y a eu des dégats, je suis certaine qu'après la finalisation de ce projet, la vie des gens à Saint-Louis sera beaucoup plus paisible
Anonyme En Avril, 2018 (07:52 AM) 0 FansN°: 5
Il ne faut pas critiqué avant la fin des travaux, patientez et vous verrez
Anonyme En Avril, 2018 (07:55 AM) 0 FansN°: 6
La finalisation prend du temps et coûte de l'argent, c'est loin d'être terminer quand ces houles sont survenus, il vont prendre le temps pour trouver la meilleure solution mais le travai sera fait
Anonyme En Avril, 2018 (07:57 AM) 0 FansN°: 7
il faut prendre en compte le mouvement du sable sur toute la cote mauritanienne .
Anonyme En Avril, 2018 (08:28 AM) 0 FansN°: 8
les commentaires des Menbres l' AR :brawoo: 
Anonyme En Avril, 2018 (08:54 AM) 0 FansN°: 9
ou un menbres de l'apr
Reply_author En Avril, 2018 (11:45 AM) 0 FansN°: 1
ahahahaha, tu as bien raison..ce gouniafier pense qu il est inteligent en faisant ces n post a la repetition kkkkkkkkk
sacre aperiste...les moutons de macky
Anonyme En Avril, 2018 (10:13 AM) 0 FansN°: 10
c'est des blocs de plusieurs tonne qu'il faut.....ensuite on comble avec vos truc a digue

 :nohope:  :nohope:  :nohope:  mbeulei  mbeulei  mbeulei 
Reply_author En Avril, 2018 (10:29 AM) 0 FansN°: 1
sur ! pas avec des pauvres sacs de sable !!!!!du sérieu une foie de temp en temp !!!!
Anonyme En Avril, 2018 (11:07 AM) 0 FansN°: 11
Mettez des épis, les barrages ne retiennent rien. Et puis adressez vous à des spécialistes. Eiffage ...Pffftttt !!!! L'Office des Lacs et cours d'eau....Pfffftttt !!!! De qui se moque t on? Mettez du sérieux car la vie des gens est en jeu. De plus l'urgence n'est pas à Gokhou Mbatch mais à Guet Ndar: comme si nos réparateurs fuyaient les difficultés. Contactez les firmes des Pays Bas, les français sont nuls dans le domaine de lutte contre l'avancée de la mer. Même nos parents de Fadiouth font mieux. Allez vérifier...
Reply_author En Avril, 2018 (11:58 AM) 0 FansN°: 1
vous avez raison qu ils sont nulles...lol...bon sang des digues maritimes les gens en construisent un peu partout dans le monde..c est pas une structure de rampard mais plutot une structure qui reduit gradativement la force des vagues..on ne lutte pas avec contre la mer et la nature mais on se molde dans sa force et son mode d agissmenet....tout ptofessionel sait belle et bien de cela...vous aviez vous contacter des oceanologues avant d entreprendre les travaux et de definir la structure adequat je ne penses pas dutout....donc la premiere information c est bien l etude des variation de courant maritimes durant les années avec la variation climatiue de el niño et la niña...vu que les oceans font parties de la regulation climatique de la terre....cella ainsi fait c´est l etude des differente formation de houle et vague qui aussi varient de saison a saison et chacun avec ces forces et energies et ses modes de fonctionnement,,,doonc slec ces etudes vous pourrez mettre sur pied uns structure geotechnique de pour reduire la force des vagues et houle graduellement avant de les contenir une bonne fois pour toute ..sans pour autant omettre les etudes de l impacte de ces travaux sur le flux du fleuve vers la langue de barbarie...donc ce ne sera pas que mettre des structures en passant que vous aurez un succé dans cette oeuvre car c est pas aussi facil..donc contacter vos freres senegalais expert en la matiere de par un appel d offre technique pour une collaboration multidisciplinaire car il s agit bien de cela ....
arretez vos amateurismes....
Anonyme En Avril, 2018 (11:50 AM) 0 FansN°: 12
consulter les écrits sur l'érosion pour pouvoir parer à tous ces risques, et personnellement je peut pas gober les explications de ces ingénieurs :emoshoot: 
Anonyme En Avril, 2018 (13:48 PM) 0 FansN°: 13
OUSMANE SONKO EST L'HOMME DE LA SITUATION POUR RELEVER CE PAYS QUE CES CORROMPUS ONT COMPLETEMENT RUINE. Y’EN A MARRE DES HERITIERS WADIENS ET SOCIALISTES. NOS CARTES D'ELECTEURS C'EST LE VRAI COMBAT QUI VAILLE . DOYEN MODY NIANG DOIT VOIR UN JOURNALISTE QUI TRADUIT SES CHRONIQUES EN WOLOF CAR TROP BENEFIQUE POUR LE SENEGALAIS LAMBDA QUI N’EST PAS INSTRUIT. ALY NGOUILLE NDIAYE DEGAGE
Anonyme En Avril, 2018 (14:26 PM) 0 FansN°: 14
Tout ce long article pour montrer l"inutilité de la digue

Attendez la fin des travaux pour vous prononcer.La Banque mondiale vient d"accorder 15millions de$ .D'autres bailleurs ont également apporté leurs contributions,mais au Sénégal,les opposants calés dans leurs fauteuils ont comme sport favori le dénigrement

Malheureusement les élections ne se font pas dans les médias en particulier seneweb
Anonyme En Avril, 2018 (17:01 PM) 0 FansN°: 15
En tout cas, pour une fois, un article complet et bien écrit! Question: d'ou viennent ces autres journalistes!
Anonyme En Avril, 2018 (17:23 PM) 0 FansN°: 16
une digue avec des sacs ???  :xaxataay:  :xaxataay:  :xaxataay:  :xaxataay: 
Anonyme En Avril, 2018 (17:31 PM) 0 FansN°: 17
Comment peut-on espérer freiner la mer par une digue. Il faut juste voir côté mosquée divinité et mamelle comment mes quelques bloc éparpillés à une certaine distance de la plage ont permis de ralentir l'érosion. La houle s'encastre sur les rochers avant de continuer paisible sa course sans force.

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