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(POLITIQUE) Les politiques dirigent, les religieux avisent

Posté par: Souleymane Thiam| Dimanche 26 juin, 2016 14:06  | Consulté 12039 fois  |  0 Réactions  |   

Deux faits majeurs de la vie nationale se sont ces dernières semaines dénoués avec l'implication de chefs religieux et…même chez eux. Il s'agit de l'accalmie dans la grève des enseignants et de la libération de Karim Wade. De quoi asseoir un peu plus solidement les thèses défendant les grosses difficultés du pouvoir temporel à garder à ou ses distance (s) celui dit spirituel.

L'histoire sénégalaise est riche d'épisodes célèbres de relations entre dirigeants de l'État et dignitaires religieux. Les plus âgés se plaisent encore à rappeler la proximité entre Senghor et Serigne Fallou Mbacké le 2e Khalife Général des Mourides, de même que les chefs religieux de son époque. Le 3e Khalife Mourides, Serigne Abdoul Ahad, lança un « ndiguel », consigne, pour voter en faveur du président Diouf à la présidentielle de 1988. Autre exemple et non moins importante : le rôle de Médiateur social merveilleusement assuré par Serigne Abdou Aziz Sy Junior, le Khalife Général des Tidjanes disparu en 1997. Il savait trouver les mots justes pour apaiser les rancœurs et baisser la tension, sociale et politique, à chaque fois qu'on eût peur de voir le pays s’embraser.

Bref, au Sénégal la marge entre politiques et les religieux a toujours été ténue. Avant de se rétrécir un peu plus à l'arrivée de Wade, lequel brilla entre allégeance aux uns, peu de considération aux autres et… et manipulation. Aussi, les religieux furent fortement présents et visibles durant ses 12 ans de règne dans les allées du pouvoir. S’y ajoutant comme le « nouveau truc » consistant pour tout politique de se réclamer d’un marabout ou d’une confrérie.

Les voir « retourner à leurs bases » a d'ailleurs été un espoir fortement nourri avec l'avènement du régime Apr. Dont le leader donna l'impression d'amorcer la rupture au point de créer une vive polémique à cause du qualificatif de « citoyens ordinaires » qu'il aurait utilisé concernant les religieux. Des précisions et des rectifications ont été nombreuses à passer par là, pour finalement classer cette affaire comme un malheureux incident.

Et comme pour l'effacer définitivement, il y a eu un renforcement de relations avec un programme de modernisation des cités religieuses. Lesquelles ont presque toutes accueilli une visite du président et noté ses engagements en leurs faveurs.

Si l'approche a changé, comparaison faite avec celle de Wade, les religieux restent bien en place. Ils ne sont pas maîtres des décisions étatiques, mais celles-ci se prennent en tenant compte de leurs avis. En somme, les Sénégalais élisent des politiques pour les diriger mais, les religieux avisent.

Entre le spirituel et le temporel, le compagnonnage n'est pas prêt de se tasser encore moins de s'estomper. Les tenants du temporel n'oseront jamais et, ceux du spirituel ne cracheront point sur les avantages que leur confère influence, qu’on veut juste mais comme vient prouver encore sa réalité. En attendant une très prochaine occasion.

 L'auteur  Souleymane Thiam
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Souleymane Thiam
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